La fille au balcon descend dans la rue pour la fête de la musique

Article dédié à Daphné, qui sans nul doute se reconnaitra dans la fille au balcon

English version : https://nathjy.travel.blog/2020/06/22/the-girl-on-the-balcony-is-going-down-to-the-street-for-the-music-festival/

Elle a enchanté ses voisins, sa rue, son quartier en jouant de la guitare et en chantant depuis son balcon, le soir, durant le confinement. Elle a commencé à partager ses vidéos sur les réseaux sociaux et nombreux sont ceux qui ont pu suivre la belle aventure, chanter, fredonner, se délecter avec elle, pour une traversée du confinement en chansons et en couleurs. Elle a su nous embarquer sur des musiques endiablées ou sur des airs grecs (car elle a des origines par là semble-t-il). Elle nous a procuré quelques frissons et belles émotions sur les chansons sur lesquelles on a traversé notre adolescence. Elle a incontestablement marqué le confinement, de ce petit bout de quartier, autour d’Alésia dans le XIV ème arrondissement. A au moins trois reprises, elle a annoncé que c ‘était son dernier soir au balcon puis elle est revenue. Elle a fait ses adieux et elle est revenue encore et encore pour notre plus grand plaisir. Elle s’est éclatée à faire des montages avec des vieux potes musiciens. On a alors redécouvert des chansons qu’on adorait de Supertramp, des Beatles… Des voisins d’en face l’ont filmée et ont posté les vidéos sur les réseaux sociaux. Elle nous a alors donné un peu d’air quand nous étions confinés.

Et puis, nous sommes sortis du confinement. La vie a repris son cours avec les limites imposées par la pandémie. Et en ce 21 juin, pour la fête de la musique, la fille au balcon, nous a lancés une invitation. On s’est tout de suite dit que l’on avait bien envie d’y aller, parce que l’on avait envie de se revoir en vrai et parce que l’on avait envie de fredonner avec elle. Vivre une fête de la musique en période de Covid, c’est différent mais cela peut être exaltant. Elle nous a donnés RDV , rue de Thermopyles, cette petite rue pavée, nichée près de la rue d’Alésia, dans laquelle il fait bon marcher, rêvasser, s’abandonner à la contemplation des plantes et des fleurs.

Après un bref arrêt au jardin des Thermopyles, dans lequel se déroule un karaoké, c’est devant le numéro 43 de la rue que nous retrouvons la fille au balcon descendue dans la rue. En ce tout début de soirée, seul un spectateur la dévore des yeux. Il est assis dans le recoin d’une porte cochère juste face à elle, c’est son mari. Nous nous installons sur le trottoir et elle nous invite à tirer au sort un petit bout de papier sur lesquels elle a inscrit tout le répertoire qu’elle a prévu pour nous emporter dans un autre monde et pour nous faire passer une excellente soirée.

Comme toujours, elle est enjouée, rayonnante et entraine avec elle ceux qui passent ici par hasard. Nous voici à 4, puis 6, puis 10 et rapidement on ne compte plus les spectateurs disséminés tout au long de la rue en respect des gestes de prévention.

Des visages apparaissent aux fenêtres et aux balcons, les uns sirotant une bière, d’autres sifflotant et frappant dans les mains. L’ambiance bat son plein. La fille au balcon descendue dans la rue enflamme son public.

Les premières gouttes de pluie commencent à tomber et l’on trouve des solutions. Toujours est-il que pour une fois la pluie ne nous donne pas envie de rentrer en courant. Grâce à la fille au balcon, on oublie la pluie et le vent.

Cela sent bon la glycine et le jasmin. Les plantes s’épanouissent dans de grandes poteries disséminées tout au long de la rue. Les hortensias se jouent des plantes vertes et viennent apporter une touche de couleurs. Si vous levez les yeux à la hauteur des fenêtres, les géraniums roses et rouges vifs parsèment la rue d’autres tons. Aucun doute, c’est vraiment la fête dans la rue des Thermopyles.

La fille au balcon a choisi un décor de charme pour nous faire vivre une fête de la musique inédite. La rue est pleine de vie. Un voisin propose une chaise par la fenêtre.

Lorsque la pluie bat son plein, des parapluies sortent de partout pour que la fête continue. Elle nous régale avec des chansons des Beatles, de The Cure, puis de Renaud et enfin elle nous emmène au bout de la terre avec Charles Aznavour. Un homme entonne la chanson de Renaud depuis sa fenêtre et a les yeux emplis d’émotion.

On appelle en visio un ami indien pour qu’il découvre la fille au balcon et voilà comment la fête de la musique, au plein coeur de la rue des Thermopyles, fait son entrée en Inde. La soeur d’Arjun se connecte sur l’appel. Sa mère regarde derrière son dos. Malgré la mousson qui sévit au Kerala, en même temps que le Covid, nos amis indiens trouvent que le monde est vraiment très beau. Cette soirée partagée, depuis une petite rue pavée et fleurie du XIV ème, jusqu’à un village du Wayanad, en plein coeur du Kerala, est un beau moment d’émotions. Devant tant de bonheur, on appelle aussi Jean, notre petit fils et le voilà enchanté de découvrir la fille au balcon. Il frappe dans les mains et s’écrie lorsque la musique s’interrompt « encore Babouchka, encore Babouchka », espérant ainsi que j’ai le pouvoir de faire encore chanter la fille au balcon. Merci à toi Daphné de nous avoir offert la possibilité de partager ces beaux instants en ce 21 juin post-confinement.

Par Nathalie

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Avatar de Amal Amal dit :

    Quelle belle et contagieuse fête de la musique !

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  2. Avatar de Daphné Daphné dit :

    Mille mercis Nathalie pour ce si joli texte et pour votre présence si enthousiaste hier soir ! J’ai été absolument ravie de partager ces quelques chansons avec vous… et Arjun… et Jean…! (et BRAVO pour cette plume qui s’affirme de plus en plus !)

    Aimé par 1 personne

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