Prendre un verre au Sogebi et s’abandonner à la rêverie…

English version : https://nathjy.travel.blog/2020/06/27/having-a-drink-at-the-sogebi-and-daydreaming/

Ils sont arrivés ce matin, par l’avion de 6h45, à Essaouira, une petite ville sur la côte sud du Maroc. Il est maintenant 17 h, ils sont attablés à la terrasse du Sogebi face à l’océan. En cette fin du mois de janvier, le soleil est déjà mordant. Tout en méditant, elle fait le plein de vitamines D et sent son corps qui se délasse doucement, sous les rayons du soleil. Et c’est bon ! Il lit un roman et lève les yeux de temps en temps pour profiter de la vue. Elle boit un schweppes orné d’un drapeau anglais tandis qu’il déguste un thé à la menthe bien infusé. Un pur moment de bonheur loin des turpitudes de la vie parisienne. Un temps entre parenthèse pour récupérer.

Des tables sont installées le long de la rambarde, autour de chacune d’elles trois chaises recouvertes d’un coussin en sky noir.  Sur chaque table, un cendrier anti-odeur en porcelaine blanche sur lesquels se reflètent les rayons du soleil.

Pour une fois, la mer est plutôt calme et bien que l’on soit en plein cœur de l’hiver, on peut même apercevoir de nombreux baigneurs. Le serveur est petit, moustachu, revêtu d’une chemise blanche, d’un pull et d’un pantalon noir comme la plupart des serveurs parisiens. Il porte aussi un gilet noir dans lequel il glisse son stylo et son carnet pour prendre les commandes.

De 17h à 18h, juste avant que la fraîcheur ne commence à poindre tranquillement, le café est en pleine effervescence. D’aucun sirotent un soda ou un thé à la menthe. Un couple d’anglais mange une salade en devisant sur leurs photos. Deux jeunes femmes, étudiantes en commerce échangent avec deux femmes d’un âge mûr. L’une d’entre elles tient une boutique dans la Médina et explique comment elle en a choisi le nom. En effet, c’est tout un art pour trouver un nom de commerce qui touche à la fois le cœur des Souiris d’origine et celui des Souiris de passage ou d’adoption.

A une autre table, deux hommes consomment un sirop de menthe. Il s’agit de retraités français qui passent une partie de l’année sous le soleil d’Essaouira. Ce sont des fidèles du Sogebi, tous les après-midi à partir de 16h environ, ils se retrouvent ici. Ils arborent cet air détendu de ceux qui ont bien travaillé toute leur vie durant et qui ne veulent plus se laisser ennuyer par quoique ce soit. L’un d’eux fait découvrir à son compagnon, une ou deux émissions, depuis son smartphone.

De l’autre côté, là où il y a des nappes rouges ou jaunes en alternance sur les tables, un homme seul savoure une bière en fumant une cigarette, et en écrivant de façon très concentrée sur son téléphone. Un peu plus loin sur la promenade, deux hommes jouent aux dames sur une table de jeu improvisée et qui ne tient que coincée par leurs genoux. On peut deviner qu’ils passent tous les deux un bon moment aux rires que l’on perçoit.

Un africain vêtu d’un burnous rayé noir et gris passe le long de la promenade entre le café et la plage. Il parle en visio à quelqu’un qui semble être à l’autre bout du monde. Magie et mystère de ces nouvelles applications qui rendent celui qui est si loin si proche et celui qui est si près parfois si lointain. Un marocain portant un burnous noir à capuche pointue passe en vélo. Un autre dépose son vélo juste devant le café.

Un couple remonte de la plage après une promenade vers Diabat, et l’homme aide son épouse à chasser le sable de ses pieds avant de remettre ses souliers.

Le magasin de kitesurf « Essaouira Gliss City » a aligné ses planches dans un harmonieux camaïeu de couleurs vives avant de fermer ses portes pour aujourd’hui. Les passants sont sous le charme de ces couleurs chatoyantes.

Le temps passe, il est maintenant 18h30. En Italie, on appellerait le moment qui vient, la Passagieta. C’est l’heure où le soleil commence à descendre, l’heure où les femmes et les hommes aiment sortir pour profiter en toute sérénité du coucher du soleil. Ce temps a un nom consacré en Italie mais c’est un moment universel dans le monde entier. Ici, tout comme en Europe ou ailleurs dans le monde, les humains ont cette sensibilité qui fait qu’ils s’émeuvent tous ensemble devant la beauté du coucher du soleil.

Des enfants jouent au ballon sur la plage, on voit aussi une bande d’adolescents un peu plus loin à l’horizon. Les trois quarts des consommateurs ont déserté le Sogebi. Seuls restent nos deux amis atterris ce matin et le consommateur de bière. La promenade se vide aussi tranquillement au rythme du ressac de la mer. Au loin, on aperçoit les barques des pêcheurs qui rentrent au port avant le crépuscule. Un enfant courre vers les mouettes avec toute son insouciance.

Après avoir admiré le coucher du soleil, nos amis décident de rentrer en passant par la place Orson Wells afin de savourer les couleurs que le soleil couchant dépose, tous les soirs immuablement, sur les vieux murs d’enceinte de la vieille ville. Il est temps de rentrer pour déguster une bonne soupe Harira et lire encore quelques heures au coin de la cheminée.

Par Nathalie

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. amal dit :

    MERCI POUR cette succulente évasion, je me suis régalée !

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  2. helenednz dit :

    Un texte qui nous rappelle cette douceur de rêver et flâner en terrasse 🙂 Merci!

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    1. nathindia dit :

      Oh oui c’est si bon !

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  3. Hélène D. dit :

    Flâner & rêver en terrasse… Une douceur bien lointaine mais qui a rejaillit à la lecture de ce texte!

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