Pour une découverte totale de l’Inde

English version : https://nathjy.travel.blog/2020/07/01/for-a-total-discovery-of-india/

Article dédié à Daphné et Guillaume

Chères lectrices, chers lecteurs,

Il va de soi, maintenant, que vous avez compris que nous avons fait un beau voyage en Inde l’année dernière. Beau est un mot trop faible, à vrai dire, pour décrire cette découverte du Kérala. Aaaah ! L’Inde merveilleuse aux mille palais, aux mille senteurs, à la végétation luxuriante ou aux déserts majestueux. Certainement, les articles de ce blog concernant cette expérience unique vous auront donné l’envie du départ, le désir du voyage. Plus encore, grâce au Covid 19 qui vous a permis – je parle de ceux qui résident en France, les autres adapteront en fonction de leur réalité locale – qui vous as permis donc, de ne plus rien ignorer de votre chambre, studio, appartement, maison ou château ni de la moindre curiosité située à moins d’un kilomètre de votre domicile, grâce au Covid 19 donc, vous mourrez maintenant d’envie de faire un grand voyage libérateur, point de départ d’une nouvelle vie pleine de nouvelles résolutions avec un regard complètement neuf. Et qui dit grand  voyage, dit « Inde », c’est incontestable.

Mais permettez-moi, à ce moment de mon propos, d’avoir une pensée émue pour tous ceux qui ont été touché durement par ce coronavirus, que ce soit dans leur chair ou dans celle de leurs proches, ou encore qui ont été injustement condamné à subir des conditions de vie rendues subitement beaucoup plus difficiles, en particulier du fait de moyens de vie déjà scandaleusement insuffisants. Ne l’oublions pas, dans notre pays, Covid 19 ou pas, c’est au moins 9% de la population qui vit sous le seuil de  pauvreté, et pour bien plus encore, un voyage tel que suggéré plus haut est totalement inenvisageable. Je ne sais pas quoi dire face à toutes ces injustices, qu’elles viennent de la main des hommes ou… de la main des hommes sinon que je ne les nie pas… mais peut-être la suite de cet article apportera un peu de réconfort à ceux-là, et si c’est bien le cas, alors un de mes objectifs aura été atteint.

Toutes mes excuses pour cette longue digression, j’en reviens à cette Inde merveilleuse, objet du voyage par excellence, proche et mystérieuse, tout à la fois accueillante et secrète. Vous rêvez déjà… mais votre rêve serait incomplet sans une petite information supplémentaire. Cette information, tous les guides touristiques et toutes les agences de voyage vous en font part pour vous dire que « ça » n’arrivera pas, pour autant que vous respectiez scrupuleusement un certain nombre de règles… qui vous feront immanquablement passer à côté du voyage, et de l’aventure qui doit toujours s’y attacher pour que cela soit un vrai voyage, si vous avez le malheur de vous y plier complètement. Je sens que je commence à vous intriguer, je pense même vous avoir accroché, alors entrons dans le vif du sujet.

D’abord, cinq photos de Trikaipetta : bananiers, caféiers, rizières et artisanats locaux…

Puis cinq photos de Mothakhara : un groupe, une route, une représentation : les femmes tambours…

Alors, sur ces deux séries de photos, en comparaison de celles que vous avez déjà découvertes sur notre Blog, que remarquez-vous ? Rien ? Ah si, une chose peut-être : pas de trace des voyageurs sur ces photos… ni de l’un, ni de l’autre. Autre chose ? Ah oui, en y regardant de plus près, les esprits les plus aiguisés auront remarqué que chaque série est d’un auteur différent. De subtiles différences de cadre, de réglage de la prise de vue, d’utilisation de la lumière… non, je délire ! Nous sommes l’un et l’autre aussi peu doués pour la photo et tout ce que nous savons faire, c’est mettre la molette de réglage sur « paysage », « automatique », « sport » ou encore « macro ». Mais le plus souvent, nous ne sommes pas sur le bon réglage car il faudrait y penser tout le temps et comme nous sommes en voyage, nous pensons peu et nous absorbons beaucoup, alors les réglages du Canon… Mais si je vous ai dit tout cela, c’est bien entendu pour vous mettre sur la piste, et chère lectrice, cher lecteur, je connais votre perspicacité et je le sais, oui, vous avez deviné : chacune de ces deux séries de photos a été prise par l’un ou par l’autre d’entre nous, car à ce moment du voyage, l’un, ou l’autre, était totalement hors d’état de prendre la moindre photo. Hé oui, à cause de « ça ». Comment parler plus avant de « ça »… difficile, un vocabulaire trop réaliste risquerait de ternir l’image de l’Inde dans les esprits les plus délicats. Alors, comment dire. La façon la plus scientifique serait de dire que la composition microbiologique de la nourriture indienne n’est pas la même qu’en France. La plus scatologique qu’il m’est autorisée serait de dire que quand « ça » veut pas passer, « ça » veut pas passer, même si « ça » finit toujours par ressortir, par en haut ou par en bas, mais jamais au moment souhaité et sans y trouver le moindre plaisir. Non, ne retournez pas voir les photos, aucun indice ne vous permettra de voir si le photographe a subit le « demi-tour » ou le « passage express ». Une façon plus pratique de parler de « ça » serait de dire qu’il ne faut jamais croire les guides touristiques ou les agences au sujet des conseils alimentaires, car finalement, ils ne marchent pas et les suivre scrupuleusement vous expose à deux déceptions : celle de ne pas pouvoir goûter à des tas de choses d’une part, et celle d’avoir attrapé « ça » malgré les efforts sans relâche pour précisément l’éviter. Au bout du compte, le plus grand risque est de passer à côté du voyage. Par contre, suivez scrupuleusement les indications de votre médecin favori (merci Guillaume !) au sujet des médicaments à emporter avec vous, et même doublez les quantités. Au final, vous ne saurez jamais si c’est la nature ou la chimie qui est venue au bout de « ça », mais quand vous êtes en plein dedans, c’est la seule chose à laquelle vous pouvez vous raccrocher et grâce à laquelle garder espoir alors que tout chavire : nous avons pris ce qu’il faut, il n’y a plus qu’à attendre que cela agisse. Et de se demander ce que nos hôtes peuvent bien penser de si petites natures. Mais à bien y repenser, ils avaient l’air surtout très désolés de nous voir dans cet état. On les comprend à la vue de certaines photos… qui ne seront jamais publiées dans ce blog ni ailleurs !

Bon, je crois maintenant que vous n’ignorez plus rien au sujet de « ça » et que vous avez compris l’essentiel. Effectivement, « ça » est finalement peu de chose en regard de la beauté de l’Inde et de la force des rencontres qu’on y fait, et il ne faut surtout pas que « ça » nous freine quand cette envie irrépressible de voyage jaillira. Et pour ceux qui n’ont pas les moyens de voyager, ils peuvent se consoler en se disant qu’ils ont échappé à « ça » et que jamais très loin, il y a des restaurants dans lesquels d’authentiques indiens font une cuisine excellente et digne en tout point de leur pays d’origine et… dans les standards microbiologiques de France !

Par Jean-Yves

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Daphné dit :

    Génial ! Merci jean-Yves, ta plume est là, toujours aussi aiguisée et c’est tellement agréable ce mélange d’humour et de poésie ! Bravo et continue surtout de nous faire ainsi voyage, avec ou sans « ça »

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