Émotion face au Taj Mahal

Voyages imaginaires, culinaires, sensoriels ou culturels… On campe le paysage, le personnage, le contexte… à vous de rêver et d’imaginer la suite…

Dans mes souvenirs d’enfant qui rêve de voyage, c’est sans doute le Taj Mahal qui venait à mon esprit lorsque j’entendais parler de l’Inde, ce pays tant désiré.

Et puis, un jour enfin, par un petit matin de décembre, arriver à Agra, dans cette ville de l’Uttar Pradesh de renommée mondiale. Se diriger à deux pour découvrir ce fastueux monument, situé dans un méandre du Yamuna, ce fleuve sacré, en imaginant qu’avec l’âge adulte , on n’y attachera plus la même importance – c’est tout du moins ce que l’on imagine -.

Avancer ensemble, parmi la foule bigarrée qui cherche à franchir la Darwaza-i-rauza, la porte principale, et être soudain happés par une blancheur immaculée émanant de l’autre côté.

Faire quelques pas parmi des femmes vêtues de « saree » colorées et d’hommes venus de tous les horizons.

Être subitement envahis, au même instant, par une grande bouffée de joie, de bonheur, jusqu’à en avoir les larmes aux yeux et à en être complètement éblouis. Ensemble, franchir la porte et ressentir dans sa chair la transition entre le monde du dehors et le monde du dedans. Avoir la sensation de pénétrer dans un nouvel univers, dans une autre dimension, dans une autre temporalité. Tout autour, tout s’arrête subitement, se fige pour quelques précieux instants. Avoir le sentiment d’être dans un espace-temps inconnu.

Se laisser gagner par l’émotion esthétique, très agréable, qui rend profondément joyeux et emplit le cœur de gratitude.

Réaliser soudain qu’après l’avoir imaginé tant et tant de fois, vu en photo à travers les pages 1000 fois feuilletées de tant et tant de livres, Il est là majestueux, imposant et fragile à la fois.

Prendre le temps de faire « la photo » , le cœur débordant de joie d’avoir enfin la chance d’être là à quelques pas de Lui. S’étonner d’être si émus, l’un et l’autre, alors que l’on ne s’y attendait pas.

Commencer à déambuler dans les quatre jardins, entre les quatre plans d’eau sur lesquels Il se reflète.

Être fascinés par ses reflets sur les plans d’eau révèlant ainsi une harmonie parfaite et totale.

Être subjugués par les proportions, par l’équilibre qui émane du prestigieux mausolée aussi appelé « Lumière du Palais » en mémoire de la Bien-Aimée épouse de l’empereur Moghole Shan Jahan, Mumtaz Mahal, décédée en couche le 17 juin 1631.

Se retourner vers la porte principale et avoir soudain le souffle coupé devant la perspective et face à tant de splendeur et de grâce.

Monter sur le parvis et être de plus en plus éblouis par le marbre blanc du Rajasthan. S’extasier d’une seule voix devant les caractères arabes finement ciselés sur le marbre et devant les incrustations de pierres fines telles que lapis-lazuli, jaspe, turquoise, agate, de tous les pays et régions environnants, arrivées ici depuis la Perse ou des confins de l’Himalaya. Imaginer alors les caravanes de chameaux et d’éléphants chargés de toutes ces joailleries.

Contempler la foule, et ressentir que l’on appartient bien tous à la même humanité puisque l’on partage tous la même vibration et la même émotion.

Découvrir la mosquée en tournant la tête sur la gauche et la salle des invités sur la droite, construites toutes deux dans une parfaite symétrie.

S’amuser un moment en réalisant l’immensité de la foule qui prend son temps au pied du monument.

Se dire que l’on serait tombé en extase rien qu’en découvrant la finesse et le travail d’orfèvres que représentent les monuments qui encadrent le Taj Mahal

S’éloigner de quelques pas sous la chaleur et réaliser l’imposante légèreté de la construction et son architecture ; un mélange de culture perse, indienne, iranienne, ottomane. Imaginer la vie des 22 000 travailleurs qui ont participé à la construction du magnifique édifice d’une beauté jamais égalée dont le secret de construction est jalousement gardé.

Être conquis par l’architecture Moghole, par les quatre minarets tournés vers l’extérieur afin de ne pas abimer le mausolée en cas de séisme. Être époustouflés devant la beauté des iwans et par le bulbe immense tout en rondeur ottomane.

S’éloigner encore un peu par les jardins qui apportent quelques bribes de fraicheur. Le contempler encore sous un autre angle car le regard n’arrive pas à s’en détacher.

Revenir, en prenant son temps, vers la porte principale et admirer tous les petits clochetons, symboles des 22 années de constructions et en l’honneur des 22 000 artisans qui ont travaillé sur le chef d’œuvre.

Depuis la porte, s’extasier encore et encore devant toute cette grâce.

Emprunter ensuite les galeries d’enceinte et jouer à cache-cache, le temps de réintégrer le monde.

Quitter le Taj Mahal, convaincus d’avoir eu la chance inouïe d’avoir pu le découvrir ensemble.

Le contempler encore dans le lointain.

Et encore depuis les rives du Yamuna…

Jusqu’à ce qu’Il disparaisse petit à petit dans la brume comme dans un rêve.

Realiser quelques temps plus tard que ce n’était pas un rêve puisqu’il restera, à l’avenir, des photos jaunies par le temps mais habitées par le souvenir ému de cette découverte !

Par Nathalie

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Leycuras dit :

    Un petit moment de dépaysement et de chaleur émane de ta belle plume Nath merci de ces partages quotidiens !!

    Aimé par 1 personne

  2. Daphné dit :

    MAGNIFIQUE ! Merci pour ce partage de lumière, de couleurs, de sourires, d’émotion…

    Aimé par 1 personne

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