Pushkar, ville sainte à voir absolument

Pour sa foire aux chameaux ou « Pushkar Kartik Mela »

Pour ses temples

Pour ses ghats

Juste après avoir passé quelques jours inoubliables chez les familles de tisserands dans le désert du Thar, se décider un beau matin à partir pour se rendre à la célèbre foire de Pushkar.

Pushkar est une petite bourgade indienne, située en bordure du désert du Thar au Rajasthan, qui a acquis une renommée nationale puis mondiale pour ce qui fut initialement une foire aux chameaux, « The camel fair » ou « Kartik Mela », et qui est maintenant une énorme foire agricole doublée d’un pèlerinage religieux. Tout cela se déroule durant le mois « lunaire », dix jours après Diwali, la fête des lumières, plus précisément entre Prabodini Ekadoshi et Kartik Poornima.

Le jour de la pleine lune du mois lunaire en octobre ou novembre selon nos calendriers occidentaux est le point culminant de la foire et une foule immense envahit alors les rues et les plaines de la ville.

Juste un peu avant d’arriver à Pushkar, s’arrêter quelques instants au mémorial Sindhupati Daharsen Swaraket pour admirer la vue sur le lac Anasagar. Regarder la ville d’Ajmer à une dizaine de kilomètres en contrebas de Pushkar et être totalement éblouis par la vue. Quelques kilomètres plus loin, après bien des méandres à travers les collines environnantes, arriver enfin à Pushkar.

Arriver à Pushkar durant le mois de kartik, c’est comme atterrir sur une autre planète ou débarquer dans un espace-temps jusque-là inconnu et inimaginable pour nos esprits d’occidentaux.

Prendre le temps de se poser dans le charmant hôtel de plein air, installé spécialement à l’occasion de la foire de Pushkar. Il s’agit de ‘resorts’ géants aménagés avec de grandes tentes équipés de tout le confort. Les jardins sont merveilleusement bien agencés et les tentes superbement bien décorées. On trouve à l’intérieur de chaque tente tout le confort nécessaire de la douche jusqu’au service à thé.

Après avoir pris une bonne douche, sortir pour s’émerveiller de l’ambiance si particulière de la grande foire aux chameaux de Pushkar.

Traverser la voie ferrée, lieu de passage incontournable, sous les rayons du soleil arasant et rencontrer à quelques mètres de là, le premier chameau de Pushkar bien paré pour cette grande fête. A peine, quelques minutes plus tard, découvrir une autre charrette, tirée elle aussi par un chameau orné de pompons multicolores.

Réaliser qu’après l’avoir tant attendue, la grande foire de Pushkar, se dévoile enfin sous vos yeux ébahis, comme un kaléidoscope aux milliers de facettes. Pushkar Mela ou Pushkar Camel Fair est la foire la plus colorée au monde avec ses quelques 200 000 visiteurs venus de toute l’Inde et même du monde entier et avec pas moins de 50 000 chameaux.

Il est temps de plonger dans la foule bigarrée et de parcourir les innombrables allées à la découverte des nombreux stands, fureter, acheter des ustensiles de cuisine fabriqués sur place, comme ces petites louches en alu qui servent à enduire les chapatis de ghee ou comme ces katoris dans lesquels on sert les différents mets du repas. La ville est animée sans interruption et les commerces sont ouverts de jour comme de nuit. Se prêter avec délice aux selfies en compagnie des vendeurs du stand de tracteurs John Deer.

S’extasier sans fin devant les étals garnis de nourriture abondante et fraîchement préparée, une autre des nombreuses particularités de la foire de Pushkar.

Pénétrer enfin dans le cœur de la foire, cette fameuse plaine de sable, où campent les familles des chameliers, éleveurs de chevaux et autres animaux (chèvres, vaches et moutons sont aussi de la partie). Avoir la sensation de se trouver soudain plongés en plein cœur du Moyen-Age dans l’une de ces fastueuses foires aux bestiaux.

Un seul bémol, ici les motos et le 4x 4 avoisinent les plus belles espèces d’animaux. Hommes et bêtes vivent ensemble durant les douze jours de la foire et le promeneur côtoie ici toutes sortes de personnages. La vie s’écoule au rythme des blatèrements de dromadaires et des hennissements de chevaux Marwari. La plaine est poussiéreuse mais les hommes, les femmes et les enfants que l’on y croise sont souvent parés de leurs plus beaux atours. Magie de l’Inde qui nous fait passer en quelques secondes du chaos le plus indescriptible à la beauté la plus indicible.

Echanger quelques mots avec le propriétaire des magnifiques chevaux qu’il compte présenter au concours dès demain. Pas peu fier de ses bêtes le Monsieur ! Il faut dire qu’il s’agit de splendides Marwari, ces chevaux des Maharadjas que l’on reconnaît à leurs oreilles orientées vers l’intérieur.

La plaine est un véritable lieu d’échange et de transaction autour de nombreux et magnifiques cheptels.

Croiser toutes sortes de personnages et apprécier la grande variété des rencontres que l’on peut faire à l’occasion de ce grand pèlerinage. Se laisser saisir par le va-et-vient incessant, par la vie grouillante et permanente qui semble ne jamais s’arrêter. Pas de temps mort à Pushkar, c’est peut-être pour cela que l’on se sent si vivant ici.

Dans le lointain, apercevoir les grandes roues illuminées de la foire moderne qui contrastent avec la plaine des campements. Ici comme partout ailleurs dans le monde, la foire aux manèges et aux étals à sensation côtoie la foire aux bestiaux. Il y a de quoi assouvir les besoins de consommation des pèlerins de passage. Les bijoux de pacotille côtoient les plus belles œuvres artistiques, il y en a pour tous les budgets.

S’arrêter pour déguster quelques chapatis cuits sur le feu par une charmante jeune femme et savourer le curry qui les accompagne. Régler le repas d’une famille de passage qui n’a pas les moyens de le payer car cela fait partie des coutumes locales des pèlerins de la Foire de Pushkar, pour s’assurer d’avoir ensuite un bon karma.

Arpenter à nouveau les allées de la grande foire et se perdre dans la foule démesurée et bigarrée.

Admirer quelques sculptures de sable primées pour la Pushkar Fair. Œuvres d’art qui nous rappellent à chaque détour l’aspect éphémère et fugitif en toute chose.

Le marché a envahi toutes les rues, il n’y a plus aucun repère si ce n’est la voie ferrée et les grandes roues qui tournent inlassablement sur fond de pleine lune et de collines avoisinantes.

Admirer le coucher de soleil unique de Pushkar et se retrouver face à soi-même, homme ou femme parmi la multitude et l’immensité de l’Inde et de ses mystères insondables.

La nature se joue des hommes et nous renvoie à nos éternelles questionnements jusqu’à faire apparaître le soleil qui se couche entre les deux cornes d’un taureau.

En fin de soirée, rentrer à la tente et s’endormir sous la toile et ses décors de charme, le cœur léger, le corps épuisé, l’esprit comblé de ces mille rencontres.

Au petit matin, être réveillé par les sons inhabituels alentours et se rendre sous la grande tente de restauration. Découvrir les yeux éberlués le faste du petit-déjeuner servi avec élégance.

Une fois rassasié, décider d’aller faire un tour du côté de la Pushkar-Fair pour assister à la présentation des chameaux superbement parés de pompons aux couleurs chamarrées.

S’extasier devant ce spectacle aux milles couleurs tout en découvrant le savoir-faire des chameliers du désert du Thar, ce grand désert Indien. 

Commencer à ressentir que notre perception du monde vacille car autour de nous tout est si différent de nos habitudes.

Dans le stade transformé pour l’occasion en plaine de concert, la Mela Maiden accueille tous les festivaliers.

C’est ici que se rassemblent chaque année des milliers de pèlerins et de chameliers. Les discussions vont bon train sur la plaine et les transactions sont toujours en cours.

Tomber sous le charme des femmes du Rajasthan et de leur ghunghat flambloyants.

S’extasier encore et toujours devant les chameaux aux tonsures de luxe, parés de colliers, maquillés, aux dents d’une blancheur si éclatante qu’ils pourraient tourner pour une publicité de dentifrice, tout cela sous la conduite des hommes du désert aux turbans chatoyants.

Prendre un moment pour échanger avec un couple qui profite de la foire pour faire une promenade à dos de chameau et pour se faire photographier.

Flâner parmi les chameaux dans la plaine des concerts, puis se reposer un temps à l’abri des tentes installées pour l’évènement.

Être enthousiasmé par les multiples installations qui permettent à chacun d’assister aux compétitions en tout genre dans les meilleures conditions.

Se fondre une nouvelle fois au cœur de la foule et s’immerger dans ce tableau aux multiples couleurs. Se laisser emporter par la vague humaine, être tout simplement heureux de faire partie de la même et grande humanité.

Aller faire un tour à la découverte de la ville sainte.  Etre bluffé par la multitude de pèlerins aux vêtements couleur safran.

S’étonner en apercevant une petite pharmacie en chemin, si différente des temples de consommation que sont les pharmacies dans nos contrées .

Un peu plus loin au cours de la marche, distinguer une statue de Gandhi qui nous invite à prendre un temps de méditation.

Choisir de se replonger dans les rues étroites de la ville de Pushkar et se sentir porter par la foule qui nous convie une fois de plus à la rencontre de notre humanité.

Apprécier la multitude des temples de Pushkar …

…et des lieux de recueillement. Symboles de la spiritualité partout présente, au cœur de la vie quotidienne, avec ou sans artifice.

S’approcher du sublime temple aperçu à l’horizon.

Être ébahi par la splendeur et la majesté de l’époustouflant temple sikh de Gurudwara Sahib. Tomber sous le charme des lieux dont l’architecture nous introduit à la dimension spirituelle omniprésente en Inde.

Apprendre en discutant avec quelques passants qu’un unique grand temple dédié à Brahma existe en Inde et qu’il se trouve justement à Pushkar juste sous vos yeux. Entrevoir alors la foule immense et patiente qui attend à l’entrée pour aller y prier.

Se réserver un peu de temps pour découvrir aussi de magnifiques petits temples bien gardés et toujours bien décorés.

Etre saisi par l’architecture dravidienne toujours aussi fascinante du temple Jaïn de Rangji.  Estimer le travail des hommes qui, portés par leurs croyances, ont trouvé l’énergie et le talent d’ériger des monuments dont la finesse et le souci du détail nous interpellent sans cesse.

Il sera malheureusement impossible de visiter les quelques 400 temples de la ville…

… et des collines alentour. Ce sera l’occasion de revenir une prochaine fois pour en découvrir de nouveaux…

…comme les temples de Savitri et de Pap Mochan qui dominent la ville tout en haut des collines .

Approcher tranquillement du coeur sacré de la bourgade qui bat la chamade, laissant flotter dans l’air ambiant quelques vibrations et senteurs qui conduisent jusque là les pas du pèlerin.

Rejoindre enfin le lac sacré de Pushkar entouré de ses 52 ghats tout blancs, tout éblouissants. 52 ghats pour les 52 Maharadjas de l’Inde dit-on en coulisse.

52 Ghats qui permettent aux pèlerins et aux familles de s’immerger dans les eaux sacrées du lac.

Chaque Ghat aurait dit-on sa particularité – fécondité, richesse, longévité… Y aurait-il un ghat dédié aux selfies réussis aussi ?

Il y a le Brahma Ghat, le Varah Ghat, le Jodhpur Ghats…

Le Gau Ghat, sous vos yeux, a été rebaptisé en Gandhi Ghat depuis qu’une partie des cendres du Mahatma y furent immergées.

Dans chacun des ghats, on croise de nombreux prêtres hindous et une multitude de sadhu qui vivent là à l’année.

On dit qu’ils sont parfois des milliers à l’occasion de la pleine lune de novembre pour le célèbre pèlerinage qui a lieu en même temps que la foire de Pushkar.

Eternel mélange flambloyant entre le divin et le quotidien, entre la vie et la mort, entre le mouvement permanent et le néant, entre le féminin et le masculin…

Y a-t-il des mots pour décrire l’infini de l’Inde que l’on découvre ici ? Je n’en suis pas certaine tant l’expérience est indicible. C’est une expérience qui se vit en premier lieu.

La légende raconte que le lac se serait formé après que Brahma y aurait fait tomber une fleur de lotus bleu.

On dit d’ailleurs que Pushkar signifie lotus bleu.

Il est vrai que la petite bourgade a tout le charme d’une fleur de lotus. Lovée au milieu des douces collines du désert alentour, elle accueille en son sein un lac vers lequel descendent les pèlerins et qui emporte nos imaginaires au pays des lotus et de la sérénité.

Voici venu le moment de rejoindre la foule qui prie aux abords des ghats et le temps de découvrir d’un peu plus près la magie des lieux.

Il est temps de s’immerger, non pas nécessairement dans les eaux du lac mais, au moins dans l’ambiance indescriptible qui règne en ses abords.

Déposer, aux côtés des dhotis blancs qui sèchent sur les marches en descendant, nos mentalités d’occidentaux et pénétrer dans une autre dimension quasiment surréaliste.

Chaque ghat est composé d’escaliers qui mènent aux abords du lac et de bassins consacrés aux ablutions et bains rituels.

Les symboles et les offrandes sont omniprésents tout autour du lac de Pushkar.

Les pujas se déroulent sans interruption en plein jour comme en pleine nuit.

Tout autour les bougies flottent sur le lac dans de petites coupelles, les bâtonnets d’encens parfument les lieux, les offrandes diverses et variées à souhait sont déposées dans chaque ghat en fonction des bienfaits que l’on souhaite obtenir ou en signe de remerciement.

Les rives du lac sont animées et fourmillent de vie. Une féérie de couleurs jaillit de partout nous rappelant sans cesse combien la vie est merveilleuse et foisonnante.

Admirer les sadhus en tenue safran, les femmes drapées dans leur ghoonghat de couleur vive qui se déplacent d’un pas si léger qu’elles semblent flotter au-dessus des eaux du lac.

Etre étonnés de voir les générations qui se frôlent dans le plus grand respect.

Chacun entre en relation avec ses croyances, ses divinités, ses attentes, ses regrets, ses espoirs en toute intimité aux yeux et aux vues de tous. C’est aussi cela l’alchimie de l’Inde sacrée, le mystère et la séduction, la fascination et les interrogations, les illusions et la réalité mélangées en un tout bouillonnant.

Entreprendre le tour complet du lac, accepter de se laisser bousculer par ce que nos esprits découvrent des lieux.

Puis choisir d’aller se perdre une ultime fois dans la foule parce que l’on y prend vite goût et accepter le cadeau- coup de cœur- qui deviendra tenue d’un jour ou d’une éternité, car l’essayer c’est l’adopter.

Arpenter les rues en fête et décider finalement d’aller se restaurer au Nirvana Café.

De sa terrasse, à deux doigts de toucher le ciel, contempler la vue…

…sur les ghats …

…sur les toits…

… sur la ville …

… et sur les temples.

S’amuser des singes qui sont partout présents sur les toits, dans les arbres, dans les temples, dans les moindres recoins…

…et qu’il faut quand même chasser discrètement de temps en temps.

Apprécier la déco qui relaxe et qui permet d’entrer dans un mode de relations de plus en plus enrichissant à chaque échange.

Déguster un curry accompagné d’un chaï massala bien épicé en provenance de la petite cuisine puis savourer la douceur d’un lassi à la mangue.

Se demander si l’on n’a pas réussi à atteindre ce Nivarna dont on a si souvent entendu parler,

Se sentir soudain comme chez soi malgré le dépaysement parce que l’on se sent bien et que les vibrations sont positives tout autour de nous.

Se laisser emporter par cette harmonie de couleurs omniprésentes et chatoyantes.

Après tant de découvertes, passer la soirée dans le salon de plein air et apprécier la simplicité et le charme des lieux.

Et puis, un matin s’arracher à Pushkar, cette ville sainte où l’on a côtoyé à chaque minute un mélange de solitude et de multitude, de richesse et de pauvreté, de confusion et de raison, de splendeur et de décadence, de silence et de brouhaha, de couleurs et de blancheurs, de puanteur et de senteur. Réaliser ému et heureux que c’est tout cela qui forme notre humanité et que c’est peut-être ici en plein désert du Thar, au cœur du Rajasthan, le plus grand état indien que nous avons été amenés à la rencontrer dans tout ce qu’elle a de magique, d’étonnant, de merveilleux, de rugueux, de perturbant et d’enivrant. Se retourner et se dire qu’on reviendra et qu’on n’oubliera jamais…

Par Nathalie

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