En ces temps quelque peu troublés, il est parfois nécessaire de prendre de la hauteur afin de regarder plus loin.

Allons nous nous envoler en tourbillonnant avec cette redoutable attraction de la fête foraine des Tuileries ?

…Non, ce sera plus tranquille et moins agité ! Ce sera au moyen de la grande roue. Le temps de s’installer dans l’une des petites nacelles, et en avant vers les hauteurs au rythme lent de cette géante, pour redécouvrir notre ville et son monde.

Et voici l’ancienne gare d’Orsay émergeant de derrière la cime des arbres du jardin des Tuileries…

…l’ancienne gare d’Orsay, aujourd’hui transformée en un merveilleux musée…

…qui, vue d’un peu plus haut et d’un peu plus loin qu’à l’accoutumée, nous fait découvrir une architecture plus impressionnante et plus ciselée que lorsqu’on la contemple depuis les quais.

La nacelle s’élève tranquillement et voici que notre regard est captivé par mille éclats et détails de la ville lumière… impossible de tout voir, alors laissons notre regard divaguer et se poser là où cela lui plaît, comme l’oiseau virevoltant qui va de branche en branche… Là il se pose sur quelques promeneurs insouciants dans le jardin des Tuileries…

… ici encore sur le Musée d’Orsay, nous donnant de rêver un instant aux voyageurs de la Belle Époque qui arrivaient des quais de la Seine pour monter à bord du célèbre Paris-Orléans…

…et voici la pyramide du Louvre, juste sous les tours de Notre-Dame chapeautées d’une grue incongrue…

…au loin, comme un « I » se dresse la Tour Montparnasse, et juste devant, le pavillon de Flore…

…ou encore la Pyramide, dans un inhabituel écrin de verdure…

…puis le pavillon de Marsan, vu d’en haut…

…plein nord, les toits de l’Opéra Garnier, avec leurs dômes et leurs statues…

…au loin Montmartre qui domine la ville de toute sa blancheur…

…l’Opéra encore, qui semble jaillir de terre au plein cœur d’une forêt de toits, et qui, malgré la masse de sa toiture – couronnée de son Apollon veillant sur les arts – semble léger comme une symphonie de printemps…

…au faît de cette marée de toits, comme la cime d’une montagne, Montmartre encore…

…et à nouveau ce grand dôme central recouvert de cuivre oxydé, dont le regard ne se lasse pas. On se plait à imaginer M. Garnier en train de diriger les opérations. Nous sommes sous le charme des deux Renommées, l’Harmonie et la Poésie, toutes parées de leurs dorures. Combien d’heures avons-nous rêvé durant notre enfance au pied de ces façades ?

D’un coup d’aile nous voici à nouveau au sud où les toits nous paraissent plus sobres…

…quoiqu’en découvrant les majestueuses cheminées du Pavillon de Flore, on révise vite notre justement.

…un petit virage vers l’ouest et l’on est surpris de l’inhabituelle vue sur l’Hôtel de Beauharnais, si près des quais de Seine…

…et par delà nous découvrons le dôme des Invalides, émergeant derrière une grue plantée là comme une verrue…

…par ici, ce sont les multiples cheminées qui captent nos regards ébahis.

Depuis la nacelle qui s’élève à nouveau , voici le moment de redécouvrir les petites fourmis qui sillonnent les allées du Jardin des Tuileries…

…puis la roue continue de tourner et nous emporte sur un autre versant, nous dévoilant la perspective de l’Arc de Triomphe à la Grande Arche…

…et la magnifique verrière du Grand Palais…

…papillonnant de-ci de-là, nos yeux sont happés par la célèbre Dame de fer, au pied de laquelle se repose l’Assemblée Nationale…

…survolant sans prendre aucun risque, il est agréable de pouvoir expérimenter mille changements de point de vue sur la cité parisienne, ses rues, ses quartiers, ses ponts et la majestueuse artère fluviale qui la traverse de part en part…

…repartant pour un dernier tour, nous voici propulsés au sommet, découvrant dans le prolongement de la rue de Rivoli, la place de la Concorde puis les Champs Élysées jusqu’aux tours de la Défense…

…et dominant une dernière fois le Jardin des Tuileries et ses allées boisées, d’un simple battement d’aile nous nous envolons pour aller nous poser là, au loin, sur le Mont Valérien… si c’est bien lui qui se dessine à l’horizon !

A travers les reflets des vitres de la nacelle, le Palais de Chaillot, avec au premier plan le plus beau pont de Paris, comme dirait mon papa : le pont Alexandre III.

Un coup d’aile à droite et voici les toitures de l’hôtel de la Marine puis celles du Théâtre de la Ville. De la-haut, on est saisi de voir qu’il y a autant de verdure dans ce coin de Paris.

La grande roue grince une dernière fois et passe au sommet : elle est la plus haute attraction de la fête. Aucun doute là-dessus quand on découvre les stands des attractions, petits comme des boites d’allumettes, et que dans la rue de Rivoli, les cyclistes sont minuscules comme des fourmis.

En quelques secondes, nous basculons sur l’autre versant, admirant les alignements des toits de zinc de la rue en contrebas, tandis que Jeanne d’Arc semble bien petite au milieu de la place des Pyramides.

Amis, laissez-vous emporter avec nous dans le mouvement de la roue, et portez vos regards au loin vers le sud ou à pic tout en bas ! Survolez à nos côtés la cité parisienne aux mille charmes incontestés, tel ces bassins du Jardin des Tuileries.

Puis virez sec, à en perdre la tête, et direction le nord, ses rues et ses immeubles blottis les uns contre les autres…

… piquez un peu à gauche et planez au-dessus de la plus luxueuse place du monde, avec sa colonne Vendôme qui semble, de cette hauteur, un peu plus modeste.

Et vers l’est, voici la Comédie Française et Conseil d’État qui essayent de rivaliser avec le plus grand Musée du monde…

…mais nul doute que celui-ci l’emportera toujours avec la majestuosité de ses vastes ailes, sans compter les nombreux trésors qu’elles renferment dans ses mille et une salles.

La roue accélère doucement sa descente… amis devenus petits oiseaux le temps de trois tours de roue, il est temps de se poser. Ne soyez pas tristes, il faut bien laisser la place aux suivants qui attendent impatiemment de survoler eux aussi la ville Lumière.

Nous voici au niveau du moyeu de la roue à hauteur des toits de la rue de Rivoli…

..le soleil est au rendez-vous et les façades se laissent dorer sous ses rayons. On imagine qu’il doit faire bon sous les toits arrondis.

Comme à bord d’une montgolfière, nous avons la sensation que nous allons bientôt nous poser dans les jardins verdoyants, à moins que ce ne soit au plein milieu du Grand Bassin.

Un petit coup d’œil indiscret sur les terrasses de zinc en passant de l’autre côté, et voilà un bel olivier.

En quelques secondes, nous voici maintenant revenus à hauteur de l’allée des tilleuls…

… d’ici quelques instants nous serons à nouveau face à la porte de la nacelle. Nous retrouverons le plancher et la terre ferme après ce petit moment de rêverie virevoltante que nous avons eu le grand plaisir de partager avec vous.

De ces trois tours dans les airs, il nous reste une conviction : décoller de la réalité du quotidien, s’échapper dans le ciel, contempler la vie, le monde et la ville depuis les cieux, cela nous donne des points de vue inattendus et cela peut changer nos perspectives… si l’on accepte de rester des oiseaux-poètes !
Par Jean-Yves et Nathalie