Trek au Népal : La magie de Siabu à Gatlang

Au cours du trek dans la Langtang Valley nous découvrons un univers fascinant et des vues époustouflantes sur les vallées. Ce trek nous permet de nous dépasser et d’apprécier l’accueil chaleureux des habitants. Chaque étape est une belle leçon de vie, une occasion de se connecter à la nature, aux autres et à soi-même.

Sur la route qui nous conduit de Katmandou à Siabu Bhasi, après avoir franchi quelques check-points, nous pénétrons dans un univers tout en couleur.

En altitude, en cette fin février, il ne fait pas encore très chaud et les habitants sont bien emmitouflés dans des vêtements de teinte à dominante rouge.

Nous retrouvons rapidement le charme des douces pentes que nous offrent les cultures en terrasse. Nous sommes fascinés par le travail d’entretien que cela nécessite : des semaines et des semaines de travail ardu. Peu après avoir quitté Katmandou, on arrive assez vite dans cet univers totalement dépaysant.

En gagnant en altitude, nous croisons les premiers langurs gris du Népal. Ils nous observent fièrement depuis le bord de la route.

Arrivés à Siabu, nous déposons vite fait nos affaires et après nous être restaurés d’un bon Dhal bhat nous allons faire un petit repérage pour le Tamang héritage trail.

Bien que nous ayons le sentiment d’être au bout du monde, à deux pas de la frontière tibétaine, cette jeune femme, après avoir arrosé son jardin, s’occupe en surfant sur son téléphone portable. C’est toujours assez étonnant pour nous.

Au bout du village, se dresse une immense statue de Rimpoché. Elle fait la fierté des habitants.

Petite découverte du trajet que nous allons emprunter.

Prem, notre guide, est toujours aussi radieux quand il part en trek : peu importe que le vent souffle fort !

Pour cette première mise en jambes, nous grimpons jusqu’à un monastère en construction. La vue sur les vallées est splendide.

Petite découverte des lieux sous le flottement permanent des drapeaux tibétains. Quelle délicieuse sensation de se retrouver sous les drapeaux multicolores qui virevoltent ainsi chargés de bonnes intentions.

Poussées par le vent, les ailettes du moulin à prière distillent à toute vitesse des bénédictions sur les vallées environnantes.

Nous nous aventurons dans le vieux village de Siabu, là où l’on trouvait initialement les guest-houses.

La viande est mise à sécher pour l’hiver.

Tandis que Prem et Ram nous attendent du côté du vieux village, nous allons jeter un coup d’oeil sur la construction du barrage électrique en contrebas : des travaux pharaoniques. Nous découvrirons au fil du trek que les chinois construisent de nombreux barrages hydro-électriques dans la région : il faut réussir à produire suffisamment d’électricité pour alimenter toutes les voitures électriques qui arrivent depuis la Chine et qui inondent le marché de l’automobile à Katmandou.

Il est temps de reprendre la direction de notre hôtel si nous voulons être en forme pour le début de notre trek demain matin.

Sur la rive opposée, Prem nous fait remarquer quelques chortens de couleur blanche. C’est par ce sentier que nous reviendrons de notre trek d’ici quelques jours : quand nous les apercevrons, nous saurons que nous sommes presque arrivés et serons alors ravis d’avoir réussi ce grand tour. Je note cela bien précieusement dans un coin de ma mémoire. Serai-je à la hauteur de ce nouveau défi ? Ce n’est plus le moment de tergiverser, il faut juste se faire confiance.

Dans le village, c’est l’heure de la pleine activité. Les nombreux camions qui relient la Chine et le Népal passent entre les troupeaux de chèvres, les piétons, les quatre-quatre et les motos. Ils sont toujours très bariolés.

La voisine de la maison d’en face rentre son troupeau de chèvres car la nuit va bientôt tomber. C’est l’heure pour nous de déguster une bonne soupe, de faire une ou deux parties de Uno et d’aller nous glisser dans nos duvets.

8 heures du matin, c’est l’heure du départ. Nous commençons par grimper en file indienne une petite pente coincée entre deux maisons.

Quelques minutes après, nous cheminons sur un étroit sentier entre étables et jardins.

Sur les hauteurs du village, nous découvrons les premiers pamplemousses de la saison.

De loin, nous apercevons le monastère en construction jusqu’au quel nous sommes montés hier soir. Une toute autre vue depuis cet angle.

Nous retrouvons enfin les fameux escaliers que l’on ne manque pas d’expérimenter au cours des treks au Népal. La montée est exigeante mais permet de prendre rapidement de l’altitude.

Poursuivant notre ascension, nous découvrons que nous sommes maintenant bien au-dessus de l’école du village. Nous prenons vite de la hauteur.

Encore quelques montées et nous voici en pleine nature. Le paysage que nous découvrons lors de cette petite halte de montagne est époustouflant. Cela nous fait rapidement oublier tous les efforts que l’on fournit pour grimper.

Petite pause sans oublier notre bonne humeur.

On se réjouit déjà de la belle montée que l’on vient de faire. Merci Ram de porter mon sac pour ménager mes genoux et mes chevilles…

Les drapeaux flottent dans les arbres apportant une touche de couleurs au milieu des montagnes tout en diffusant leurs mantras.

Nous reprenons notre marche et arrivons après quelques bonnes suées jusqu’au hameau suivant. Nous sommes accueillis par deux chevrettes bien paisibles. Savoir savourer le temps comme il vient, n’est-ce pas là que réside l’apprentissage essentiel de ce nouveau trek au Népal?

Cette première matinée nous a déjà apporté son lot d’émotions, d’émerveillements. La montagne et la nature environnantes sont fascinantes. On voit poindre les premiers signes du printemps, que c’est bon !

Les sourires nous sont donnés sans compter. Deuxième leçon de la journée : donner sans compter et sans rien attendre en retour !

Didee se précipite en cuisine pour nous préparer boissons et repas.

Sa petite échoppe est plutôt bien garnie.

Elle nous apporte rapidement deux ginger lemon with honey : de quoi nous revigorer pour la suite de la journée.

Nous faisons plus ample connaissance avec notre jeune ami et même si nous ne pouvons pas communiquer dans sa langue maternelle, nous arrivons à nous comprendre.

Pendant que Didee s’affaire en cuisine, nous sortons voir la perspective et le parcours du Tamang Héritage Trail. Ce soir, nous dormirons à Gatlang.

Prem profite de la halte pour nous dévoiler les contours de notre futur itinéraire. Ce soir, nous atteindrons le fond de la vallée pour dormir dans un lodge à Gatlang.

Et non Prem, tu rêves, jamais nous n’atteindrons le village, que tu nous montres sur la montagne en face, demain soir. C’est juste impossible ! On se regarde en se demandant si c’est une blague mais Prem a l’air vraiment sérieux.

Heureusement, notre jeune ami nous appelle pour le déjeuner. Inutile de s’inquiéter de nos capacités, le chemin se fait en marchant. Continuer à se faire confiance et faire confiance au guide.

C’est l’heure de déguster un merveilleux Dhal Bhat aux légumes tout frais cueillis. Incontestablement l’un des meilleurs DB de ce trek ! Épicé juste comme il faut, il est parfait.

En Ayurvéda, on dit que l’intention de la personne qui cuisine est toute aussi importante que la qualité des ingrédients utilisés. A n’en pas douter, le Dhal Bhat de Didee ne peut être que succulent vu sa profonde gentillesse.

Nous sommes tombées si vite en résonance l’une et l’autre que je ferai bien une pause d’une semaine dans ce lodge juste pour faire plus ample connaissance : je suis persuadée que nous aurions tout plein d’affinités à partager et tellement de choses à nous raconter. D’ailleurs, sans même pouvoir échanger, nous nous sentons en phase toutes les deux et partageons quelques fous rires, assises face au soleil. Il faut dire qu’au niveau vestimentaire, nous sommes plutôt bien assorties. Cette pause est une vraie bénédiction. Se laisser porter par les rencontres : nouvelle leçon à retenir. Peu importe nos origines et nos lieux de vie, en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, il est possible d’entrer en vibration avec de belles personnes qui nous étaient totalement étrangères, il y a quelques instants à peine.

Petit échange de cadeaux ! Les crayons et cahiers sont toujours les bienvenus dans les hameaux de montagne.

Le dhal bat est vraiment succulent ; on en reprend bien volontiers, surtout quand il est servi avec autour d’amour !

Le Nouvel An Tibétain étant proche, la plupart des habitants viennent de renouveler leurs drapeaux, ce qui nous permet de profiter de couleurs bien vives.

C’est à regret que nous quittons ce paisible hameau et ses habitants ; nous ne sommes pas prêts de les oublier. Quelques virages dans la montagne et le paysage se transforme.  Penser à regarder souvent en arrière : on peut avoir un point de vue différent en changeant de position. Cela fonctionne aussi la vie quotidienne ; il est important de changer de point de vue pour découvrir une situation dans son ensemble. La montagne nous dévoile ses secrets bien gardés.

Petite pause pour se désaltérer et admirer le paysage. Nous formons à la fois un groupe très uni mais chacun marche seul avec lui-même. Ce trek est aussi une belle occasion pour se retrouver. Loin des artifices de la ville, la montagne nous offre le temps de nous reconnecter à nous-mêmes.

Le paysage est si grandiose que l’on se sent bien petit face à de telles étendues. Nous avons la sensation que plus nous avons fourni d’efforts en grimpant, plus la montagne nous dévoile ses magnifiques paysages.

Dans le hameau suivant, le calme règne. Les habitants sont certainement partis ramasser du bois pour le mettre à sécher.

En contrebas, nous découvrons de bien vieux stupas ainsi qu’un mur de prière. Prem nous informe que nous passerons à proximité demain matin avant de rejoindre le village de Tatopani accroché à la montagne en face.

La fin de journée approche et nous croisons de nombreux paysans qui rentrent chez eux le dos chargé de foin, de courses… A chaque fois, c’est l’occasion d’échanger quelques Namaste bienveillants et de bien beaux sourires en guise d’attention. Nous ne sentons jamais aucune méfiance à l’égard des étranges étrangers que nous sommes.

A l’entrée de Gatlang, un homme prépare le terrain aidé de son attelage tandis que sa femme le suit de près et glisse dans les sillons les précieuses pommes de terre en vue de la prochaine récolte.

Chaque animal a une sorte de muselière tissée en bambou.

Et voici notre premier lodge. C’est toujours un grand moment lorsque nous découvrons les lodges après une journée de marche. Comme une petite victoire à chaque fois. Notre chambre est sur la droite et dispose d’un petit balcon. L’une de ses deux fenêtres donne directement sur la montagne et nous offre une vue imprenable. C’est une belle récompense après cette ascension. Ram a rapidement déposé mon sac dans la chambre : des planches de bois, une ampoule au bout d’un fil, deux lits qui se font face et des piles de couettes bien douillettes. Dans l’angle de l’escalier à l’extérieur, nous découvrons la salle d’eau et les toilettes. L’eau est froide mais il est agréable de se délasser de la poussière du chemin.

Gatlang est un village traditionnel qui a beaucoup souffert du séisme de 2015. Beaucoup de foyers sont encore en reconstruction. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles nous ne rencontrerons que peu de touristes sur ce trek. C’est pourtant un très beau trek. N’hésitez pas, le dépaysement est garanti !

Après avoir détendus nos muscles, après avoir chaussées nos tongues, nous rejoignons Prem et Ram dans la salle à manger. Il fait bon autour du poêle et nous faisons connaissance avec la famille qui nous accueille.

Depuis les fenêtres du lodge, la vue est incroyable.

Il est temps de préparer le dîner et de laver les feuilles de moutarde qui serviront de base pour la soupe. Le menu est composé d’une bonne soupe et de quelques momos. Un régal !

Depuis notre balcon, nous pouvons admirer le soleil couchant sur la montagne. Le spectacle est féérique quand les rayons du soleil viennent effleurer les plus hauts sommets. En un instant, on oublie les raideurs de la marche et on se sent prêt à défier le monde entier. Mais il est temps d’aller se coucher. Une fois dans nos lits respectifs, nous percevons, entre les planches de bois, une petite bise bien gelée qui s’infiltre et vient chatouiller les parties du corps qui ne sont pas bien emmitouflées sous le duvet et les nombreuses épaisseurs de couettes . Nouvelle leçon à retenir : ne rien laisser dépasser quand on dort en altitude en février au Népal.

Après une nuit bien récupératrice, si ce n’est un touriste qui a passé un bon moment à discuter sur son téléphone portable sous nos fenêtres, c’est la remise de cahiers et de crayons avant de quitter la guest-house au petit matin.

La famille s’installe sur le seuil de la porte pour nous saluer avant le départ.

Un dernier dessin avant de partir pour de nouvelles aventures. Aujourd’hui le chemin promet d’être long !

Par Nathalie et Jean-Yves

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