Ma rue comme un micro-village à l’heure du confinement… ou l’espoir qu’un autre monde est encore possible…

English version : https://nathjy.travel.blog/2020/06/24/my-street-as-a-micro-village-in-the-time-of-confinement-or-the-hope-that-another-world-is-still-possible/

Comme un peu partout en France et dans le monde, à cette heure, nous sommes la première génération d’humains à vivre un confinement d’une telle ampleur. Même si ce qu’il se passe à l’échelon de nos gouvernements, derrière les murs des hôpitaux, au niveau de nos droits sociaux, dans le cœur des familles dont un être cher est malade, nous laisse sans voix, il existe encore de petites perles d’humanité, des petits joyaux d’avenir que je voudrais vous partager. Ma rue, tout comme beaucoup d’autres dans Paris et ailleurs, tout comme la vôtre sans doute, est petit à petit redevenue comme un petit village. Moins de bruit, plus d’oiseaux et surtout de nouveaux petits signes d’attention fleurissent spontanément ici ou là. Le matin, seuls quelques soignants ou personnes ayant des professions qui exigent qu’elles aillent travailler, s’hasardent encore dehors. Pour le reste des habitants, nous sommes pour la plupart en télétravail ou en arrêt maladie. Le reste du temps, il n’y a plus que le chat de Pierre pour arpenter le pavé et profiter de la vue. Il est là tantôt assis au beau milieu de la route, tantôt allongé, étiré pour bien profiter des premiers rayons du soleil printanier.

Alors petit à petit, nous apprenons à prendre soin les uns des autres depuis nos fenêtres et avec nos moyens de communication. Vers midi, certains jours, il y a une grande animation ; c’est le passage du facteur. Des visages connus apparaissent aux fenêtres. Pierre sort sur le pas de sa porte et chacun y va de ses petites nouvelles. Cela me rappelle le passage du facteur chez ma grand-mère, dans un petit village. Il passait en général, aussi vers midi. Il klaxonnait et tous les habitants du quartier se regroupaient alors autour de la petite 4L jaunes, pour échanger les derniers potins.

Un pur moment de convivialité, un instant de bonheur. Ce matin, il y a eut soudain beaucoup plus de bruit dans la rue. Comme c’est maintenant inhabituel, on a tous pointés le nez à la fenêtre. C’était un maraîcher bio qui faisait sa tournée dans le quartier. Pierre est sorti le premier, il faut dire que sa maison est de plein pied. Notre voisine a proposé de descendre pour tout le monde. Elle a fait le plein de caisses de pommes, légumes et jus de fruits. Notre voisine a alors entrepris de déposer devant chacune de nos portes un petit colis qu’elle a décidé de nous offrir généreusement. Cela m’a rappelé qu’il y a quelques jours, alors que nous avions envoyé un peu d’argent à l’un de nos amis indiens car il n’avait plus rien à manger, celui-ci avait entrepris de faire six colis pour les familles voisines pour leur offrir de quoi manger pour la semaine. Nous avions déjà été très émus lorsqu’ils nous avaient envoyé les photos des petits colis qu’il avait réalisés.

Et voici qu’ici aussi, nous commencions à revoir les signes d’une humanité qui prends soin des autres dès que c’est nécessaire. Et là aussi, j’en suis toute émue, toute retournée et que j’en ai les larmes aux yeux. Non, pas des larmes de rage ou de détresse comme ces derniers jours en entendant nos gouvernants mais des larmes de joie, d’humanité. La bouteille de jus de pommes bio trône au milieu de mes outils de télétravail. Elle est là fièrement, comme une victoire de l’humanité sur le monde sans âme que veulent nous faire accepter nos gouvernants.

Alors, oui, je pense que ce confinement nous invite à inventer un autre monde pour demain. Oui, je crois que nous sommes capables de faire quelque chose de bien tous ensemble. Oui, les humains sont capables d’être porteurs d’espoir, de surprises, de retournement. Et oui, c’est sûr, ici comme en Inde, nous sommes capables de rester humains, solidaires, attentionnés même dans la pire des situations. Oui notre humanité est toujours là qui n’attend qu’à se révéler et elle se réveille tout comme la nature d’ailleurs et qu’est-ce que c’est bon ! Ça a le goût de l’enfance, des relations non calculées, le goût de l’amour. Ça a le goût de la simplicité, sans feuille Excel pour tout contrôler, sans smartphone pour tout comparer et faire soi-disant le meilleur choix. Ça a juste le goût de l’instant présent, du bon sens, de l’entraide et qu’est-ce que ça fait du bien. Et de nouveaux souvenirs affleurent à ma mémoire, comme celui du camion de La Ruche qui passait chez ma grand-mère, une fois par semaine, qui apportait avec ses fruits et ses légumes tellement d’autres choses et entrainait dans son sillage tellement de rencontres humaines.

Par Nathalie

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Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Amal dit :

    C vrai que ce confinement éveille en moi la nostalgie d’une certaine époque, des souvenirs de ma grand-mère qui m’a légué tellement de choses précieuses

    Aimé par 1 personne

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